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Rien à faire alors ne rien faire mais ce rien le faire bien le faire sien
et avec art tout celui du laisser-faire car l’art du rien
c’est l’air de rien quoique l’on fasse savoir que l’on ne fait rien.
T.B.
Soi que le résultat de la somme de ses défaites et du fruit des combats successifs livrées sur soi incessants auxquels on est forcément conviés par la force des choses. Mais c’est pas humain ou alors bien trop. On est terrassé par du terrassement en plaques. L’une sur l’autre. Par la stratification de luttes si denses et si serrées. L’une sur l’autre. C’est du 1000 feuilles dont on est fait. L’un sur l’autre. De ceux qui font les corps par la superposition de leurs champs de batailles. L’un sur l’autre. Si bien qu’à peine le temps d’être mordu par la poussière du sol de la bouche au tapis foutu qu’un autre déjà reprend m’entre-prend et m’entre-re-prend.
Et ça recommence toujours là où ça avait fini. L’un sur l’autre. L’autre sous l’un. Là où ça aurait dû finir. Là où ça semblait cesser. C’est que j’ai plusieurs empoignades en chantier qui finissent là où d’autres vont commencer. Empilées dans des emboîtements terribles et des entassements affreux. Bien des manières de faire l’art et il n’y en a pas. De celui que l’on dit noble et je n’en vois pas plus vil. Pour dresser un ring la tête et des poings qui n’existent pas. Là où encore il n’y a rien et où tout est déjà à refaire avant même de l’avoir fait. Bien des endroits où il va falloir tracer le cercle dans le noir à la chaux blanche des ses os broyés. Bien trop d’adversaires qu’on va devoir remettre encore au tapis. Bien trop de tapis qu’il va falloir remplir à nouveau d’adversaires. Mais plus terrible encore pis ou plus stupide : ce n’est pas eux qui nous broient nous battent nous frappent sinon soi le ring soi le cercle soi le tapis soi le seul adversaire le pire ennemi : celui qu'on ne verra jamais.
C’est soi mais c’est pas du jeu c’est pas régulier c’est pas loyal ça se bat en moi et comment lutter contre ça à la régulière? Comment se battre contre soi-même? Qui va donner les coups et qui va les recevoir? Et comment se débarrasser de soi? Quel est le fourbe qui m’a lancé du sable dans les yeux? Qui m’a aveuglé pour mieux m’abattre? Qui peut dire en soi où sont les limites? Où ça commence et où ça finit? L’un sur l’autre mais qui l’un qui l’autre? Où l’en bas où l’en haut? L’extérieur à l’intérieur ou l’intérieur à l’extérieur? Toujours dans le dehors. Ou au dehors du dedans.
Fourbe même pas pouvoir même pas vouloir se battre pas plus à la loyale qu’à la régulière dans les règles et y en a-t-il? De l’art dit noble et y en a-t-il plus vil? Moi je suis autre chose que la dévastation de l’aire de trop près rasée par la rouille de 10 000 lames ébréchées? Je suis désolé la terre où rien ne pousse toujours son terrain vague. Et y a-t-il un seul centimètre carré du sol de ce monde dont je n’ai pas mordu la poussière? Un seul de ses recoins que ma bouche n’ait pas embrassé de tout son long? Une seule once de sa boue que je n’ai pas léché? Non.
Oui. Par les traces les luttes les carcasses les dépouilles que j’ai laissées derrière moi celles des autres ou bien les miennes j’en ai recouvert toute sa surface. J’en ai rempli tous les vides bouché tous les trous. Tapissé la moindre de ses cavités. Épousé le moindre de ses monticules. Le monde est mon tapis. La feuille avec laquelle je me suis pris en sandwich. Coincé entre son sol et mon corps.
Et comment me soustraire à cette somme? Comment stopper ou diviser ces multiplications? Comment simplifier ces calculs incalculables et résoudre ces problèmes irrésolus ou encore non posés? Simplifier ces divisions? Devoir s’extraire du conflit des combats qui n’en sont pas. Et de soi.
Dites par où c’est la sortie de secours l’issue des affrontements le salut le terrain neutre de l’affranchissement de l’un contre l’autre de l’un sur l’autre de l’un sous l’autre de l’un dans l’autre de l’un hors de l’autre de l’un et l’autre de l’un ou l’autre de l’un par l’autre? Suis-je l’un ou suis-je l’autre? Enfin qui suis-je pour me battre ainsi et contre qui? Comment puis-je encore me battre alors que je suis seul? Pourquoi me diviser à l’infini quand ma simplicité native m’invite à la paix définitive d’être un? Étant un, contre qui lutter? Étant un où et pourquoi se cacher? Et qui craindre? Qui fuir ou qui chercher? Qui haïr ou qui aimer?
Finalement on n'a que soi pour se battre.
On n'a que soi où se battre.
On n'a que soi à abattre.
On n'a que soi
Que soi
Soi
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